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L'EDITO de Patrick LOUIS, Député au Parlement européen

Libérons l'Histoire, retrouvons la France  

De plus en plus impuissants à dessiner l'avenir de notre pays, les responsables politiques ont entrepris de se chicaner sur son passé... Le législateur français est en effet devenu depuis une quinzaine d'années, l'otage consentant de multiples lobbies victimaires, au profit desquels il a décrété une série de vérités officielles et permis de poursuivre en justice tous les dissidents de l'"Historiquement correct". Ce faisant, il a ouvert la boite de pandore francophobe : voilà tous les ennemis de la France qui se bousculent au portillon médiatique pour expliquer à quel point notre mémoire est sale et d'exiger sanctions pénales, repentances collectives et indemnisations. Les polémiques récurrentes sur les événements de la Seconde Guerre mondiale, l'époque coloniale ou la guerre d'Algérie en sont la triste illustration. Jamais notre ère démocratique n'a vu la liberté d'expression soumise à autant de délits d'opinion, d'intimidations judiciaires et d'oukases médiatiques.
Cette mise sous tutelle du débat et de la pensée critique, porte gravement atteinte au principe proclamé à l'article 11 de la Déclaration de 1789, pour laquelle " la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme ". Le moment est venu de libérer l'Histoire de tous les diktats, et de retrouver la fierté de ce que nous sommes. L'objectif de ce blog est de rassembler textes et contributions pour en finir avec les lois mémorielles.


Libérons l'Histoire, retrouvons la France

Rendons sa liberté à l'Histoire

Le travail de mémoire et le débat qu'il inspire sont aujourd'hui menacés par la police de la pensée, qui nous ballote entre deux dérives : la banalisation historique, qui plaque le passé sur le présent, et la sacralisation, qui empêche de tirer d'un évènement une leçon générale. Quelle excuse peut-on ainsi trouver à untel qui, à la face de la Patrie et des combattants de la liberté, plaisante sur l'occupation allemande qui n'aurait " pas été si inhumaine "?!
De même, n'est-il pas indigne d'instrumentaliser l'Holocauste - et par là le banaliser - comme ce fût le cas pour justifier les bombardements de l'Otan en Yougoslavie ou pour faire voter "oui" à la Constitution européenne (« Ceux qui font la fine bouche devant la constitution européenne devraient avoir en mémoire les photos d'Auschwitz », J.M Cavada, 22/01/05) ?!
A l'inverse, doit-on laisser ce même drame sacralisé et ainsi isolé de la terrible chaîne des crimes contre l'Humanité ? Aucun évènement particulier ne doit être rapproché d'un autre au nom d'une prétendue similitude, ni au contraire être isolé du reste de l'Histoire.
La mémoire est neutre. Elle n'a pas à servir des intérêts catégoriels immédiats, à être jugée et condamnée sur des critères d'aujourd'hui, ni être défigurée par les "bonnes consciences" obsédées d'en finir avec la France.
La mémoire doit servir la dignité de la personne humaine, quelle soit noire d'Amérique ou du Rwanda, descendante des Indiens, des déportés quelle que fût le prétexte à leur déportation, qu'elle vive au Tibet, en Arménie, en Algérie, en Irak, en Afghanistan, à Gaza ou Tel-Aviv.
Le passé ne doit être ni galvaudé, ni détourné, ni trahi, mais lu dans son exemplarité.
Parce que le travail de mémoire a besoin d'arguments rationnels tirés d'une recherche historique sérieuse et libre, les politiques en général et le législateur en particulier doivent reprendre leurs distances à l'égard de l'Histoire. Cela commence par l'abolition des lois mémorielles et la libération de notre mémoire collective, des manipulations politiciennes dont elle est victime.

Rendons sa fierté à la France

Cette liberté pour l'Histoire est l'une des conditions pour en finir avec le masochisme national, qui déprime nos concitoyens, démobilise nos forces vives, empêche l'intégration des jeunes issus de l'immigration et nous ridiculise injustement à l'étranger.
Contrairement à ce que laissent croire les professionnels de la francophobie, nul n'a jamais affirmé que l'Histoire de la France serait glorieuse de bout en bout. Aucune Histoire ne l'est. En revanche, nous pouvons être fiers du modèle de civilisation qu'elle n'a cessé de porter, fondé sur la liberté des nations et la résistance aux hégémonies, et qui en fait une Histoire singulière.
La France, c'est l'Histoire d'un peuple rassemblé dans les frontières dont la nature l'a dotée, perpétuellement épris de sa liberté, depuis Vercingétorix jusqu'à De Gaulle en passant par Jeanne d'Arc, Philippe le Bel, Danton et Clémenceau.
Cette France éternelle, c'est celle des droits de l'homme et des libertés fondamentales, c'est Péguy, Rousseau, Hugo, Zola, la Résistance.... Elle se distingue de ceux qui à un moment, prétendant ou croyant agir en son nom, l'ont trahie, en foulant aux pieds ses valeurs et son message universel.
Cette France-là n'a pas torturé en Algérie, ni collaboré à Vichy, ni condamné Dreyfus. Elle a accompli la première sa décolonisation et plus paisiblement que d'autres, elle a la première déclaré la guerre à Hitler, elle a sauvé des milliers de juifs de la déportation et elle s'est durablement grandie en réhabilitant le capitaine Dreyfus après une mobilisation nationale sans précédent.
Chaque jour le démontre, les Français et le monde ont besoin de la France, exemple unique d'articulation entre le particulier et l'universel, ou comme écrit Michelet « patrie, apprentissage à l'universelle patrie ». 


                                                               Patrick LOUIS
                                                               Député au Parlement européen
                                                               Mouvement Pour la France (MPF) 


 
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le 13/01 à 17:45 | Permalien | Trackbacks (0)






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