<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/xml/atom.xsl" type="text/xsl" media="screen"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/xml/atom.css" type="text/css" media="screen"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>Libérons l'Histoire, retrouvons la France</title>
 <subtitle><![CDATA[Blog contre l' "Historiquement correct" et pour la liberté de débattre, animé par Patrick Louis, Député au Parlement européen.]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/xml/atom.xml" />
 <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/</id>
 <updated>2008-09-08T15:00:02+01:00</updated>
  <entry>
   <title>Pierre Nora met en garde contre la « criminalisation générale du passé »</title>
   <updated>2006-12-07T18:24:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Pierre-Nora-met-en-garde-contre-la-criminalisation-generale-du-passe-_a22.html</id>
   <category term="Tribunes" />
   <published>2006-12-07T18:15:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L’historien Pierre Nora, dans un "discours sur la vertu" prononcé le 30 novembre lors de la séance publique annuelle de l’Académie, est revenu sur cette recherche obsédée de la bonne conscience qui pousse le législateur à normer l’histoire. Voici l'intégralité du discours de l’auteur des Lieux de mémoire.     <div>
      SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DE L'ACADEMIE FRANCAISE  <br />Paris, Palais de l'Institut, le jeudi 30 novembre 2006  <br /> <br /><strong>Discours sur la vertu, par Pierre Nora</strong>  <br /> <br />Pour qui a la faiblesse de prendre au sérieux la vertu &#8211; c'est mon cas &#8211;, un paradoxe s'impose comme une évidence massive&nbsp;: l'époque est obsédée de vertu, et le mot lui-même est devenu imprononçable.  <br />Je m'explique.  <br />D'un côté&nbsp;: l'esprit de vertu, qui est effort vers le bien, est la chose du monde aujourd'hui la plus répandue. Le moralisme coule à pleins bords. On le trouve partout. Il n'est qu'humanitaire, exclusion de l'exclusion, exhortation à la tolérance, ouverture à l'Autre, condamnation de toutes les formes de crimes contre l'humanité, repentance, culpabilité généralisée, droits de l'homme, de la femme, de l'enfant, de l'animal, de la nature. L'Empire du Bien étend partout ses tentacules. Et la vertu, ou plutôt le «&nbsp;<em>vertuisme</em>&nbsp;», pour employer un mot qui n'existe pas dans le Dictionnaire, a envahi tous les domaines de la vie collective, en particulier ceux dont la logique de fonctionnement lui était en principe étrangère. Pour prendre les quatre principaux&nbsp;: les médias, qui ont remplacé l'information par les bons sentiments&nbsp;; le droit, où le pieux souci de la défense des individus va souvent jusqu'à faire des coupables les victimes du système social&nbsp;; les relations internationales, où les monstres froids que sont les nations apprennent à vivre avec le droit d'ingérence&nbsp;; l'histoire enfin, que l'extension du «&nbsp;<em>devoir de mémoire</em>&nbsp;» est en train de transformer en procès général du passé.  <br /> <br />Et pourtant, qui ose encore parler de vertu&nbsp;? Le mot lui-même est frappé d'un certain ridicule, d'un démodé certain. Il a perdu la force que lui avait donnée l'Antiquité&nbsp;; arete, virtus, et qu'il a conservée jusqu'à Montesquieu. Le XVIIIesiècle, dans l'exaltation nouvelle du sentiment d'humanité, l'a orienté vers la philanthropie. C'est le sens qu'il avait quand le respectable Monsieur de Montyon pria l'Académie, en 1782, d'agréer la fondation d'un prix de vertu et de louer publiquement le fait le plus vertueux qui se serait passé depuis deux ans à Paris ou dans les environs. La religion, au XIXe siècle a ramené le sens à la pratique discrète des vertus chrétiennes, qui s'est anémié jusqu'à la bienfaisance, au patronage, aux bonnes &#339;uvres.  <br /> <br />C'est au point que le discours annuel sur la vertu déclenche chez nos confrères un réflexe de sauve-qui-peut, contraint à la ruse et au détour le malheureux sur la tête de qui s'est immobilisé le pendule de notre cher Secrétaire perpétuel, et inspire à tout l'entourage, quand se répand la fatale nouvelle, un sourire de compassion où peut se lire au moins un rappel des trois vertus théologales&nbsp;: la foi, l'espérance et la charité.  <br />Car, pour ce qui est des quatre vertus cardinales qui les suivent, j'aurai, moi aussi, la charité de ne pas demander à chacun d'entre vous de me les rappeler. Alors que les sept péchés capitaux tout le monde les connaît, pour les avoir parfois fréquentés.  <br /> <br />Comment expliquer cette étrange contradiction entre l'omniprésence du phénomène et la difficulté à le nommer&nbsp;? Entre le triomphe d'une vision morale du monde et l'hésitation sur ce qui la sous-tend&nbsp;?  <br />Pour ma part, je ne vois qu'une seule explication. Mais j'ose à peine la formuler car si elle est juste, elle va loin : c'est que, de nos jours, le Bien n'est plus saisissable que par son contraire, le Mal.  <br />Le Bien a comme disparu en tant que tel. Nous en avons perdu les références positives, les repères fixes, les sources et les définitions. À y réfléchir, il y avait, schématiquement parlant, trois sources de définitions du Bien&nbsp;: les enseignements de la religion, le sens de l'histoire, et la tradition humaniste qui, depuis Spinoza et Kant, associait étroitement le progrès, la connaissance, la justice et la raison. Les trois sont sorties terriblement ébranlées, directement ou indirectement, de l'âge totalitaire et nous ne sommes pas remis de son cortège de guerres et de génocides. Le XXe siècle a ruiné la notion de progrès avec la guerre de 14, installé l'image du Mal avec le nazisme et perverti l'image du Bien avec le communisme.  <br />Il y a, bien entendu, des actions bonnes et des mauvaises. Mais il n'y a plus de repères du Bien, du Bien absolu, parce que c'est en son nom que le Mal, qui, lui, est absolu, s'est installé sur le monde. Nous vivons l'éclipse du Bien, expliquent les philosophes de l'éthique. Ce n'est pas du relativisme, une équivalence des valeurs, c'est un déséquilibre interne au fonctionnement des valeurs, une bizarre inversion&nbsp;: le Bien ne peut plus consister qu'à éviter le mal, à le repousser, à le combattre.  <br />L'expression «&nbsp;<em>l'axe du mal</em>&nbsp;», en fonction duquel le monde se recompose, n'est-elle pas en train de nous le rappeler&nbsp;? Il n'est pas jusqu'au partage de la politique intérieure qui ne nous le fasse sentir, où la gauche, qui s'était tant assimilée au Bien, au Juste, jusqu'à se prévaloir du monopole de la vertu, se définit aujourd'hui plutôt par ce qu'elle combat &#8211; le libéralisme &#8211;, que par ce qu'elle propose.  <br /> <br />Il y a de multiples formes du Bien, mais une radicalité absolue du Mal, dont l'étalon reste l'expérience nazie. L'actualité vient de nous le rappeler brutalement avec la fascination qu'exerce, déclenche, orchestre le magnifique et purulent roman que l'Académie vient de couronner et le prix Goncourt de consacrer. Rien de plus instructif que de mesurer la distance qui, sur un demi-siècle, sépare le Eichmann à Jérusalem de Hannah Arendt et Les Bienveillantes. Les deux livres ont fait scandale et polémique. Mais le premier, parce qu'il rapprochait le Mal de l'univers du Bien, qui était encore le nôtre, en en montrant la banalité. Le roman de Jonathan Littell au contraire, parce que le coup d'audace de se mettre dans la peau du bourreau &#8211; un homme qui n'a rien d'ordinaire &#8211; nous installe malgré nous, par les moyens de la fiction, dans la centralité mystérieuse du Mal. C'est insupportable&nbsp;; et quelque chose d'irrépressible se révolte en nous du fond de l'être, à la mesure même de la pulsion qui nous attire vers ce trou noir. Intolérable tension. Mais c'est elle qui fait de ce livre, à tous égards extraordinaire et monstrueux, le premier, peut-être, dont l'horreur même est à la hauteur de l'horreur qu'il veut saisir.  <br /> <br />C'est dans ce cadre qu'il faut évidemment situer la montée en puissance de la figure de la victime. Nous n'avons plus de saints, plus de héros, plus de sages, ni en général de modèle d'autorité morale. Mais ce sont toutes les victimes du mal qui sont les nouvelles incarnations du Bien, et donc les figures les plus approchées de la vertu. Et Dieu sait s'il y en a&nbsp;! À commencer par l'enfant, que sa fragilité désigne à l'emprise du mal. Faut-il rappeler l'affaire d'Outreau&nbsp;?  <br /> <br />Cet exemple nous mène droit au c&#339;ur du problème, qui est, chacun l'a compris, le caractère légèrement suspect et, pour tout dire, hautement pervers du déchaînement «&nbsp;<em>vertuiste</em>&nbsp;» contemporain.  <br />S'il fallait en chercher la racine, on la trouverait à coup sûr dans les gènes de la démocratie. La passion démocratique, née, comme Tocqueville l'a montré, de l'élargissement de l'idée du semblable à tous les membres de l'humanité, récuse toutes les formes de différenciations et de particularités. Mais le très louable désir des démocraties contemporaines de combattre sous toutes ses formes le mal de l'inhumanité, de ne plus vivre que sous la surveillance de l'humanité, a fini par imposer l'idée que chaque être humain, quel qu'il soit, est non point seulement un égal, mais le même que tout autre humain.  <br />C'est ainsi que le culte de l'égalité, devenu principe unique, vérité abstraite et doctrine de conduite, a abouti à voir dans l'abolition de toutes les différences la vocation de l'humanité. La preuve contradictoire du phénomène étant la quête fébrile et pathétique d'une différence individuelle et secondaire par le roman de soi que chacun s'invente ou se fabrique.  <br /> <br />L'égalité entre les hommes et les femmes est un principe de justice élémentaire&nbsp;; ce n'est pas pour autant qu'il n'y a pas de différence entre un homme et une femme. La lutte contre toutes les formes de discrimination sexuelle, raciale ou religieuse est la meilleure des causes. Mais quand elle signifie confusion, similarité, équivalence, annulation des conditions concrètes de la différence, affirmation généralisée du pareil au même, on est dans l'absurdité, ou plutôt dans la cécité volontaire.  <br />Peut-être le mal a-t-il contaminé le Bien de sa propre radicalité. Toujours est-il qu'une juste notion de l'universalisme démocratique et de l'égalité qui l'implique s'est corrompue en idéologie et même en idéologie régnante. Ce qu'Auguste Comte appelait, au XIXe siècle, la «&nbsp;<em>religion de l'humanité</em>&nbsp;» s'est insidieusement transformé en ce que Pierre Manent appelle la «&nbsp;<em>religion du semblable</em>&nbsp;».  <br /> <br />Le glissement a pour corollaire de donner à la notion même de «&nbsp;<em>crime contre l'humanité</em>&nbsp;» une valeur quasi emblématique. Elle est le signe et la marque de notre temps, la pointe extrême de sa conception de la vertu.  <br />En soi, l'idée qu'il y ait des crimes et des criminels si grands qu'à tout jamais impardonnables et imprescriptibles peut, à coup sûr, exprimer un progrès de la conscience universelle. Mais le doute s'insinue quand on commence à l'appliquer aux événements du passé. Ainsi, qu'au moment où s'étalait en plein jour la négation de crimes de masse, d'une ampleur et d'une horreur inimaginables, au c&#339;ur de l'Europe, que cette négation ait entraîné une indignation morale vraie qui explique, sinon justifie, répression et condamnation judiciaire, on peut le comprendre&nbsp;; encore que l'historien averti des habitudes des pays totalitaires se méfie par principe des vérités d'État.  <br />Mais avec la loi Gayssot, à laquelle je viens de faire allusion, la porte était ouverte à la pression revendicatrice de tous les groupes de victimes. Et la France, seule de toute l'Europe, n'a pas hésité, on le sait, à multiplier généreusement les lois qui qualifiaient criminellement des phénomènes remontant à plusieurs siècles, comme la traite atlantique et l'esclavage, abolis depuis un siècle et demi et que l'Europe tout entière, et pas seulement la France, a aussi largement pratiqués, comme l'avaient fait les Arabes et les Africains eux-mêmes. La voie est ouverte à toutes les dérives. À quand la criminalisation juridique des croisades&nbsp;? Je ne plaisante pas, c'est une des propositions de loi,&#8211; il y en a ainsi une bonne douzaine &#8211;, qui sommeille sous le coude des plus vertueux de nos parlementaires.  <br /> <br />Chacun mesure ici le péril vers lequel nous nous acheminons allègrement. Il est double. Celui d'une relecture de l'histoire du seul point de vue moral, ce jugement moral où Marc Bloch voyait le pire ennemi de l'historien. Celui d'une criminalisation générale du passé, surtout national, qui constituerait comme essentiellement coupable notre identité historique. Est-ce acceptable, est-ce vivable&nbsp;? Et n'est-ce pas le moment de s'écrier&nbsp;: «&nbsp;<em>Ô vertu, que de crimes on commet en ton nom&nbsp;!</em>&nbsp;».  <br /> <br />La radicalisation du mal et l'obscurcissement du bien sont ainsi, en définitive, ce qui empêche sans doute de penser et le bien et le mal dans leur expression ordinaire, leur application simple, ou la transgression des règles communes du vivre-ensemble.  <br />L'extraordinaire confusion des valeurs renvoie chacun à l'appréciation individuelle de ce qui est bien et de ce qui est mal. Et ceux qui sont le plus exposés à la tentation, à s'exonérer eux-mêmes de la soumission à ces critères. C'est ce qui amène mon ami Marcel Gauchet, en réfléchissant au fonctionnement déréglé de ces valeurs, à soutenir que «<em>&nbsp;la fracture sociale se double d'une fracture morale</em>&nbsp;», que c'est peut-être dans les profondeurs de la société que se réfugie encore une culture du bien, et que l'incapacité des politiques à se faire entendre des milieux populaires se joue pour commencer sur le terrain moral.  <br />Entre ce qu'il appelle «&nbsp;<em>un mal mythique et un bien introuvable</em>&nbsp;», ne faut-il pas, tout simplement, revenir aux données de base les plus élémentaires, mais fondamentales&nbsp;?  <br />Je les ai trouvées merveilleusement exprimées dans un court paragraphe de Jean-Jacques Rousseau, où tout est dit. Il s'agit de l'exorde d'une Lettre sur la vertu adressée à un destinataire inconnu, peut-être même jamais envoyée, récemment exhumée par Jean Starobinski. Je vous le livre d'abord pour sa beauté de langue. Ensuite, parce qu'il ne manque pas de sel de la part d'un homme lui-même si peu vertueux. Enfin, parce que, derrière son apparente simplicité, il ouvre des abîmes de réflexion sur les rapports de la connaissance et de l'expérience et, partant, pour un historien, sur les rapports du savoir et de la mémoire. Le voici&nbsp;:  <br /> <br />«&nbsp;<em>Vous cherchez à m'embarrasser plus qu'à vous instruire en me demandant qu'est-ce que la vertu. Je pourrais vous dire en deux mots que c'est ce que nul ne peut apprendre que de soi-même et ce que vous ne saurez jamais si votre c&#339;ur ne vous a répondu d'avance&nbsp;; d'ailleurs pourquoi renouveler une question si souvent et si bien résolue&nbsp;? Ouvrez Platon, Cicéron, Plutarque, Épictète, Antonin [&#8230;]. Faites mieux encore, étudiez la vie et les discours du juste et méditez l'Évangile&nbsp;; ou plutôt laissez là tous les livres, rentrez en vous-même, écoutez cette voix secrète qui parle à tous les c&#339;urs, et soyez vertueux pour savoir ce que c'est que de l'être.</em>&nbsp;»  <br /> <br /><strong>PN</strong> <br /> <br />Publication originale sur <a href="http://www.academie-francaise.fr">http://www.academie-francaise.fr</a> <br /> <br /> <br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Pierre-Nora-met-en-garde-contre-la-criminalisation-generale-du-passe-_a22.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Appel des juristes contre les lois mémorielles</title>
   <updated>2006-11-29T10:44:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Appel-des-juristes-contre-les-lois-memorielles_a21.html</id>
   <category term="Tribunes" />
   <published>2006-11-29T10:39:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Après avoir affirmé l’existence du génocide arménien, le législateur s’est engagé dans une procédure visant à réprimer pénalement la négation de ce génocide. Cette proposition de loi, votée en première lecture par l’Assemblée nationale, s’inscrit à la suite d’une liste déjà longue de dispositions visant, soit à interdire la manifestation d’opinions, soit à écrire l’histoire et à rendre la version ainsi affirmée incontestable (loi Gayssot sur le génocide juif, loi sur l’esclavage, loi sur la colonisation). D’autres propositions sont déposées (sur le blasphème ou sur le prétendu génocide du peuple algérien commis par la France…).     <div>
       <br /><div class="textearticle"><p class="spip">La libre communication des pensées et des opinions est, selon la déclaration de 1789, l'un des droits les plus précieux de l'homme. Certes, ce droit n'est pas absolu et la protection de l'ordre public ou des droits d'autrui peuvent en justifier la limitation. En ce sens, des lois appropriées permettent de sanctionner les propos ou les comportements racistes causant, par nature, à celui qui en est victime un préjudice certain. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">L'existence de lois dites «&nbsp;mémorielles&nbsp;» répond à une toute autre logique. Sous couvert du caractère incontestablement odieux du crime ainsi reconnu, le législateur se substitue à l'historien pour dire ce qu'est la réalité historique et assortir cette affirmation de sanctions pénales frappant tout propos ou toute étude qui viseraient, non seulement à sa négation, mais aussi à inscrire dans le débat scientifique, son étendue ou les conditions de sa réalisation. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">Les historiens se sont légitimement insurgés contre de tels textes. Il est également du devoir des juristes de s'élever contre cet abus de pouvoir du législateur. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip"><i class="spip">«&nbsp;La loi n'est l'expression de la volonté générale que dans le respect de la Constitution&nbsp;».</i> Or ces lois, que les autorités compétentes se gardent bien de soumettre au Conseil constitutionnel, violent à plus d'un titre la Constitution&nbsp;:  <br /><p class="spip"> <br />-&nbsp;Elles conduisent le législateur à outrepasser la compétence que lui reconnaît la Constitution en écrivant l'histoire . Les lois non normatives sont ainsi sanctionnées par le Conseil constitutionnel. Tel est le cas des lois dites «&nbsp;mémorielles&nbsp;».  <br /><p class="spip"> <br />-&nbsp;Elles s'inscrivent dans une logique communautariste. Or, comme l'a rappelé le Conseil constitutionnel, la Constitution <i class="spip">«&nbsp;s'oppose à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelques groupes que ce soit, définis par une communauté d'origine, de culture, de langue ou de croyance&nbsp;»</i>.  <br /><p class="spip"> <br />-&nbsp;Ce faisant elles violent également le principe d'égalité en opérant une démarche spécifique à certains génocides et en ignorant d'autres, tout aussi incontestables, comme, par exemple, celui perpétré au Cambodge.  <br /><p class="spip"> <br />-&nbsp;Par leur imprécision quant à la nature de l'infraction, ce dont témoignent les décisions de justice qui s'y rapportent, le législateur attente au principe constitutionnel de la légalité des peines et à la sécurité juridique en matière pénale.  <br /><p class="spip"> <br />-&nbsp;Elles violent non seulement la liberté d'expression, de manière disproportionnée, mais aussi et surtout la liberté de la recherche . En effet, le législateur restreint drastiquement le champ de recherche des historiens, notamment dans des domaines complexes ou controversés comme la colonisation ou s'agissant d'un crime comme l'esclavage pour lequel la recherche des responsabilités appelle une analyse approfondie et sans <i class="spip">a priori</i>. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">On peut aussi considérer, sur un plan plus politique, que de telles lois peuvent aller, en muselant la liberté d'opinion, à l'encontre des objectifs qui sont les leurs et dont la légitimité n'est pas en cause. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">C'est pour toutes ces raisons que les juristes soussignés demandent l'abrogation de ces lois «&nbsp;mémorielles&nbsp;» et estiment qu'il est du devoir des autorités compétentes de saisir le Conseil constitutionnel du texte en discussion et de toutes nouvelles dispositions en ce sens qui viendraient à être votées par le Parlement. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip"> <br /><div class="notes"><strong class="spip">Premiers signataires&nbsp;:</strong> Bertrand MATHIEU, Professeur, Université Paris I François TERRE, Membre de l'Institut Anne Marie LE POURHIET, Professeur Université Rennes 1 Olivier GOHIN, Professeur, Université Paris II Thierry DI MANNO, Professeur, Université de Toulon François GAUDU, Professeur, Université Paris I Anne LEVADE, Professeur Université Paris XII Christophe BOUTIN, Professeur Université de Caen Yves JEGOUZO, Professeur Université Paris I Florence CHALTIEL, Professeur, I.E.P. Grenoble Olivier DUBOS, Professeur, Université Bordeaux IV Marie Claire PONTHOREAU, Professeur Université Bordeaux IV Maryse DEGUERGUE, Professeur, Université Paris I Frédéric SUDRE, Professeur, Université de Montpellier Paul CASSIA, Professeur, Université Versailles-Saint Quentin en Yvelines Diane de BELLESCIZE, Professeur, Université du Havre Henri OBERDORFF, Professeur, I.E.P. de Grenoble Olivier LECUCQ, Professeur, Université de Pau et des Pays de l'Adour Jean MORANGE, Professeur, Université Paris II Gilles LEBRETON, Professeur, Université du Havre Yvonne FLOUR, Professeur, Université Paris I Jean-Jacques DAIGRE, Professeur, Université Paris I Catherine LABRUSSE RIOU, Professeur, Université Paris I Yves DAUDET, Professeur, Université Paris I Olivier JOUANJAN, professeur, Universités de Strasbourg et de Fribourg-en-Brisgau. Alain PIETRANCOSTA, Professeur, Université Paris I Jean GAYON, Professeur, Université Paris I (Institut d'histoire et de philosophie des sciences) Michel MENJUCQ, Professeur, Université Paris I Raymonde VATINET, Professeur, Université Paris V Danielle CORRIGNAN-CARSIN, Professeur, Université Rennes 1 Alexis CONSTANTIN, Professeur, université Rennes 1 Pierre AVRIL, Professeur émérite, Université Paris II Bernard CHANTEBOUT, Professeur émérite, Université Paris V Guillaume WICKER, Professeur, Université Bordeaux IV Michel GERMAIN, Professeur, Université Paris II Joseph PINI, Professeur, Université Aix-Marseille III Geneviève BASTID BURDEAU, Professeur Université Paris I Hervé LECUYER, Professeur, Université Paris II Florence DEBOISSY, Professeur, Université Bordeaux IV Marie France CHRISTOPHE TCHAKALOFF, Professeur, Université Paris I Jacques PETIT, Professeur, Université Rennes 1 Christian LARROUMET, Professeur Université Paris II Christophe de LA MARDIERE, Professeur, Université de Dijon Laurent AYNES, Professeur, Université Paris I Olivier BARRET, Professeur, Université Paris V Michel FROMONT, Professeur émérite, Université Paris I Yves GAUDEMET, Professeur, Université Paris II Vincent HEUZÉ, Professeur, Université Paris I Philippe STOFFEL-MUNCK, Professeur, Université Paris I Pierre MAYER, Professeur, Université Paris I Philippe PORTIER, Professeur, Université Rennes I Frédéric POLLAUD-DULIAN, Professeur, Université Paris I André ROUX, Professeur, Université Aix Marseille III Stéphane PIERRE CAPS, Professeur, Université de Nancy Francis HAMON, Professeur émérite, Université Paris XI Alexandre VIALA, Professeur, Université Montpellier</div></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Appel-des-juristes-contre-les-lois-memorielles_a21.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Contestation du génocide arménien : des intellectuels interpellent Jean-Louis Debré contre les « lois mémorielles »</title>
   <updated>2006-10-31T15:26:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Contestation-du-genocide-armenien-des-intellectuels-interpellent-Jean-Louis-Debre-contre-les-lois-memorielles-_a20.html</id>
   <category term="Tribunes" />
   <photo:imgsrc>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/photo/imagette-483435-592037.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2006-10-31T15:24:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/photo/483435-592037.jpg" alt="Contestation du génocide arménien : des intellectuels interpellent Jean-Louis Debré contre les « lois mémorielles »" title="Contestation du génocide arménien : des intellectuels interpellent Jean-Louis Debré contre les « lois mémorielles »" />
     </div>
     <div>
      <p class="titre"> <br /><div style="LINE-HEIGHT: 0em"></div><div style="LINE-HEIGHT: 0em">Paris, le 19 octobre 2006</div><div style="LINE-HEIGHT: 0em"></div><div class="textearticle"><p class="spip"><strong></strong> <br /><p class="spip"><strong>Lettre ouverte à Monsieur Jean-Louis DEBRÉ</strong> <br /><p class="spip"><strong>Président de l'Assemblée nationale</strong> <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">Monsieur le Président, <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">L'assemblée parlementaire que vous présidez vient d'adopter en première lecture, le jeudi 12 octobre, une proposition de loi tendant à réprimer pénalement la contestation du génocide arménien. Cette initiative de députés français est condamnée par des intellectuels arméniens eux-mêmes, inquiets de voir la France emprunter les méthodes qu'ils dénoncent en Turquie. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">Vous avez à plusieurs reprises estimé qu'il n'appartient pas au Parlement de légiférer sur l'histoire et donc manifesté votre opposition à ce qu'il est convenu d'appeler les «&nbsp;lois mémorielles&nbsp;», aussi contraires à l'article 34 de la Constitution définissant la compétence du législateur qu'à l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui sacralise les libertés d'opinion et d'expression. Les signataires de cette lettre partagent votre point de vue et l'ont exprimé dans une pétition intitulée «&nbsp;La liberté de débattre&nbsp;», publiée dans le journal <i class="spip">Marianne</i> fin décembre 2005, réclamant l'abrogation de toutes les lois instituant des vérités officielles et/ou des délits d'opinion. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">Même si le Sénat ne se rallie pas à la position des députés, le gouvernement a la possibilité, en vertu de l'article 45 de la Constitution, de donner le dernier mot à votre assemblée. Au cas où cette malheureuse hypothèse viendrait à se réaliser, nous vous demandons de bien vouloir faire usage des pouvoirs que vous tenez de l'article 61§2 de la Constitution en déférant la loi ainsi adoptée au Conseil constitutionnel, gardien de l'ordre normatif et de nos libertés fondamentales. <br /><p class="spip"> <br /><p class="spip">En vous remerciant par avance de bien vouloir nous aider à garantir les droits de l'homme et à protéger le rôle du Parlement français, qui est de représenter la nation tout entière et de légiférer dans l'intérêt général et non pour le compte de «&nbsp;fractions du peuple&nbsp;», nous vous prions de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de notre respectueuse considération <br /><p class="spip"> <br /><div class="notes"><strong class="spip">Signataires&nbsp;:</strong> Pierre AVRIL, professeur de droit public émérite à l'Université Paris II-Panthéon-Assas - Elie BARNAVI, historien - Alain BOYER, professeur de philosophie à l'université Paris IV-Sorbonne - Rony BRAUMAN, médecin - Jean DANIEL, écrivain - Vincent DESCOMBES, directeur d'études à l'EHESS - Michel FICHANT, professeur de philosophie à l'université Paris IV-Sorbonne - Max GALLO, historien - Marcel GAUCHET, rédacteur en chef de la revue <i class="spip">Le Débat</i> - Jean-Claude GUILLEBAUD, essayiste - Philippe de LARA, maître de conférences à l'ENPC - Jean-pierre LE GOFF, sociologue - Anne-Marie LE POURHIET, professeur de droit public à l'université Rennes I - Pierre MANENT, directeur d'études à l'EHESS - Abdelwahab MEDDEB, écrivain - Pierre NORA, historien, directeur de la revue <i class="spip">Le Débat</i> - Krzysztof POMIAN, historien - Philippe RAYNAUD, professeur de science politique à l'Université Paris II-Panthéon-Assas - Paul THIBAUD, essayiste - Paul VALADIER, professeur émérite aux Facultés jésuites de Paris.</div></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Contestation-du-genocide-armenien-des-intellectuels-interpellent-Jean-Louis-Debre-contre-les-lois-memorielles-_a20.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La haine de soi au service de l'unification mondiale</title>
   <updated>2006-04-18T14:24:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/La-haine-de-soi-au-service-de-l-unification-mondiale_a18.html</id>
   <category term="Articles" />
   <published>2006-04-18T11:14:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Dans "La raison des nations, Réflexions sur la démocratie en Europe", Pierre Manent analyse la "crise de notre existence commune", une existence politique qui est en train de "se défaire parce que nous sommes en proie à l'illusion d'une humanité unifiée qui pourrait tenir ensemble en se passant de toute forme politique". Pierre Manent interroge l'histoire, récente et lointaine, de la nation ; la manière dont elle a accueilli et nourri la démocratie ; et comment son effacement menace aujourd'hui cette démocratie même. Il met en évidence la situation paradoxale de la religion dont on ne cesse d'annoncer la fin imminente alors même que les séparations religieuses organisent de plus en plus notre paysage politique. Dans l'extrait reproduit ici (p.17-18), Pierre Manent décrit comment cette "illusion d'une humanité unifiée" s'appuie sur la haine de soi en tant que peuple - avec son passé forcément "coupable" - et l'adoration de soi en tant qu'humanité faite d'"identités" particulières, nous renvoyant aux temps "barbares" bien antérieurs à la démocratie.     <div>
      "C'est par blocs de cent millions d'individus que l'on voit se construire la "classe moyenne mondiale" qui se caractérise par la maîtrise des instruments de la communication et l'aptitude à se plier avec alacrité aux règles de la bonne gouvernance. A l'entrée du nouveau siècle, la diffusion des règles se substitue à l'intensification des volontés collectives : extension indéfinie de la "construction européenne" d'un côté, politique américaine de "mondialisation démocratique" de l'autre. L'extension spatiale indéfinie s'accompagne, particulièrement en Europe, d'un extraordinaire rétrécissement temporel. Le passé est coupable, fait de crimes collectifs et d'injustifiables contraintes. Au fur et à mesure que l'on inclut de plus en plus de populations dans l'immense "classe moyenne mondiale", on enjoint à chaque peuple de se séparer de son passé impardonnable d'intolérance et d'oppression, les monuments du crime, cathédrales ou pyramides, étant par ailleurs inscrits au "patrimoine mondial".<br /><br />Mais comment à la fois condamner tous les passés et consacrer toutes les cultures ? C'est que, toute différence collective significative&nbsp;mettant en danger l'unité humaine, il importe de rendre tout différence insignifiante. Les traits du passé le plus barbare deviennent au présent les éléments d'une culture infiniment respectable, puisque la seule chose vraiment <em>mauvaise</em>,&nbsp;c'est de penser et d'agir selon l'idée que telle forme de vie serait <em>pire</em> ou <em>meilleure</em>&nbsp;qu'une autre. Pour résumer d'un mot le noeud où notre condition s'embarrasse, la seule démarche humaine vraiment condamnable à nos yeux, c'est ce qu'on appelait jadis la <em>conversion</em>. Notre démocratie extrême, qui enjoint le respect absolu des "identités", rejoint le fondamentalisme qui punit de mort l'apostat. Il n'y a plus de changement légitime, parce qu'il n'y a plus de préférence légitime. Sous le flash de son unité proclamée, l'humanité s'immobilise pour une liturgie continuelle et interminable d'adoration de soi. <br /><br />*<br /><br />Il y a peu de temps encore, l'idée démocratique légitimait et nourrissait l'amour que chaque peuple éprouve naturellement pour lui-même. Désormais, au nom de la démocratie, on réprouve et rabroue cet amour. Que s'est-il passé ? Et quel avenir pour l'association humaine si aucun groupe, aucune communion, aucun peuple n'est plus légitime - si seule la <em>généralité</em> humaine est légitime ?"<br /><br /><strong>Pierre Manent</strong><br /><strong></strong><br /><strong></strong><br /><u>Extrait de <em><strong>"La Raison des Nations"</strong></em>, Collection <em>L'Esprit de la cité,</em> Gallimard, Mars 2006 <br /></u><br /><br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/La-haine-de-soi-au-service-de-l-unification-mondiale_a18.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>D'éminents historiens réclament l'abrogation des lois mémorielles</title>
   <updated>2006-05-03T10:59:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/D-eminents-historiens-reclament-l-abrogation-des-lois-memorielles_a17.html</id>
   <category term="Tribunes" />
   <published>2006-03-07T16:49:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un texte publié par Libération, dix-neuf éminents historiens (1) réclament l'abrogation de plusieurs articles de loi concernant des "événements du passé" qu'ils jugent "indignes d'un régime démocratique" dans un texte intitulé Liberté pour l'histoire.      <div>
      <div class="titre"><h2 class="access"></h2></div><div class="para_333818 resize"><div class="texte"><div class="access"><br />Ils critiquent notamment des articles contenus dans la loi du 13 juillet 1990 tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe (plus connue sous le nom de <a class="liens" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;" href="http://www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/PJEBB.htm">loi Gayssot</a>), la loi du 29 janvier 2001 relative à la <a class="liens" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;" href="http://www.assemblee-nationale.fr/dossiers/genocide.asp">reconnaissance du génocide arménien</a> de 1915, la loi du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité (dite <a class="liens" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;" href="http://admi.net/jo/20010523/JUSX9903435L.html">loi Taubira</a>) et la <a class="liens" onclick="window.open(this.href,'_blank');return false;" href="http://www.admi.net/jo/20050224/DEFX0300218L.html">loi du 23 février 2005</a> sur les rapatriés dont l'article 4 dispose que <em>"les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord"</em>. <br /><br />Dans leur texte publié le 17 décembre dernier, ces historiens affirment : <br /><em>"Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants. L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant. L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique. L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui" (...) "L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas. L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire" (...) "C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives -notamment les lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005- ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites. Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique"</em>. <br /><br />Dans leur analyse critique du travail législatif sur la mémoire historique, les signataires du texte prennent donc pour origine la loi Gayssot de 1990 votée sous le coup de l'émotion suscitée par les premiers écrits révisionnistes et des appels à la répression lancés par les associations anti-racistes et les instances communautaires juives. En effet, dans le but de permettre les poursuites judiciaires contre les historiens niant l'existence des chambres à gaz dans les camps de concentration nazis, cette loi avait défini (dans son article 24 bis) le révisionnisme comme le fait de <em>"contester l'existence d'un ou plusieurs crimes contre l'humanité tels qu'ils sont définis par l'article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l'accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d'une organisation déclarée criminelle en application de l'article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale</em>. Une formulation qui gravait dans le marbre les données contenues dans le réquisitoire du procès de Nuremberg, interdisant de fait tout travail critique des historiens sur une analyse effectuée à chaud par les Alliés peu après les événements et avant l'accès à l'ensemble des archives. <br /><br />Le texte <em>Liberté pour l'Histoire</em> fournit ainsi une liste des textes de loi controversés au débat sur l'ingérence parlementaire dans le domaine historique et coupe l'herbe sous le pied à la commission parlementaire promise par Jacques Chirac pour évaluer la travail législatif dans ce domaine. <br /><br /><br />------------------- <br />(1) Parmi lesquels Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Alain Decaux, Marc Ferro, Mona Ozouf, René Rémond, Jean-Pierre Vernant, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock. <br /><br /><br /></div></div><div class="clear"></div></div><div class="intertitre resize"><br class="access" /><h3 class="access"></h3></div><div class="para_334715 resize"><div class="texte"><div class="access"><!--html--><div align="center"><table bordercolor="#c0c0c0" cellspacing="0" cellpadding="0" width="400" bgcolor="#f0f0f0" border="1"><tbody><tr><td><font style="BACKGROUND-COLOR: #ffffff"><font color="#660000"><font size="+0"><b>Liberté pour l'histoire</b></font><br /><br />Emus par les interventions politiques de plus en plus fréquentes dans l'appréciation des événements du passé et par les procédures judiciaires touchant des historiens et des penseurs, nous tenons à rappeler les principes suivants :<br /><br />L'histoire n'est pas une religion. L'historien n'accepte aucun dogme, ne respecte aucun interdit, ne connaît pas de tabous. Il peut être dérangeant.<br /><br />L'histoire n'est pas la morale. L'historien n'a pas pour rôle d'exalter ou de condamner, il explique.<br /><br />L'histoire n'est pas l'esclave de l'actualité. L'historien ne plaque pas sur le passé des schémas idéologiques contemporains et n'introduit pas dans les événements d'autrefois la sensibilité d'aujourd'hui.<br /><br />L'histoire n'est pas la mémoire. L'historien, dans une démarche scientifique, recueille les souvenirs des hommes, les compare entre eux, les confronte aux documents, aux objets, aux traces, et établit les faits. L'histoire tient compte de la mémoire, elle ne s'y réduit pas.<br /><br />L'histoire n'est pas un objet juridique. Dans un Etat libre, il n'appartient ni au Parlement ni à l'autorité judiciaire de définir la vérité historique. La politique de l'Etat, même animée des meilleures intentions, n'est pas la politique de l'histoire.<br /><br />C'est en violation de ces principes que des articles de lois successives ­ notamment lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ­ ont restreint la liberté de l'historien, lui ont dit, sous peine de sanctions, ce qu'il doit chercher et ce qu'il doit trouver, lui ont prescrit des méthodes et posé des limites.<br /><br />Nous demandons l'abrogation de ces dispositions législatives indignes d'un régime démocratique. <br /><br /><b>Jean-Pierre Azéma, Elisabeth Badinter, Jean-Jacques Becker, Françoise Chandernagor, Alain Decaux, Marc Ferro, Jacques Julliard, Jean Leclant, Pierre Milza, Pierre Nora, Mona Ozouf, Jean-Claude Perrot, Antoine Prost, René Rémond, Maurice Vaïsse, Jean-Pierre Vernant, Paul Veyne, Pierre Vidal-Naquet et Michel Winock</b><br /><br /><i>Pétition parue dans Libération le 13 décembre 2005</i></font><br /></font><br /></td></tr></tbody></table></div><div align="center"></div><div align="center"></div><div align="center"><font size="2">Source Observatoire du communautarisme - <a href="http://www.liberonslhistoire.com/gestion/www.communautarisme.net"><u><font color="#0000ff" size="2">www.communautarisme.net</font></u></a><br /></font><a href="http://www.liberonslhistoire.com/gestion/www.communautarisme.net"><u><font color="#0000ff" size="2">www.communautarisme.net</font></u></a></div></div></div></div>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/D-eminents-historiens-reclament-l-abrogation-des-lois-memorielles_a17.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La connaissance historique est une exigence démocratique</title>
   <updated>2006-05-03T11:01:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/La-connaissance-historique-est-une-exigence-democratique_a16.html</id>
   <category term="Articles" />
   <published>2006-03-07T16:32:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les mémoires sont plurielles, fragmentées, le plus souvent passionnelles et partisanes. L'histoire, elle, est critique et laïque : elle est le bien de tous. C'est précisément pour préserver la liberté d'expression et garantir le droit pour tous d'accéder à la connaissance des acquis historiques résultant d'un travail scientifique libéré du poids des circonstances, que les signataires s'élèvent contre la proclamation de vérités officielles, indignes d'un régime démocratique.      <div>
      <strong><u></u></strong><br /><strong><u>Communiqué de « Liberté pour l'histoire », 30 janvier 2006</u></strong>&nbsp;<br /><br />Refusant d'entrer dans des polémiques stériles, les signataires de l'Appel « Liberté pour l'histoire », tiennent cependant à affirmer que, contrairement à des allégations récentes, aucun d'entre eux n'a jamais prétendu que l'histoire était la propriété exclusive des historiens. Bien au contraire. René Rémond, Président de l'association « Liberté pour l'histoire », vient de souligner, dans le dernier numéro de L'Histoire, que cet Appel «demande la liberté pour l'histoire : pas pour les historiens». L'histoire ne leur appartient pas : pas plus qu'aux politiques. Les mémoires sont plurielles, fragmentées, le plus souvent passionnelles et partisanes. L'histoire, elle, est critique et laïque : elle est le bien de tous. C'est précisément pour préserver la liberté d'expression et garantir le droit pour tous d'accéder à la connaissance des acquis historiques résultant d'un travail scientifique libéré du poids des circonstances, que les signataires s'élèvent contre la proclamation de vérités officielles, indignes d'un régime démocratique.<br /><br />Qu'ils soient chercheurs, enseignants, les historiens exercent une fonction dont ils savent qu'elle leur crée plus de responsabilités que de droits. Aussi les motivations des signataires ne sont-elles nullement corporatistes. S'ils ont rappelé que ce n'était pas aux parlementaires d'établir la vérité en histoire, c'est par référence à une règle juridique imposée par la constitution, à un impératif scientifique de recherche critique et à une exigence civique. <br /><br />Pour l'heure, les signataires de l'Appel « Liberté pour l'histoire » (qui a reçu à ce jour l'assentiment de près de 600 enseignants-chercheurs et chercheurs, français et étrangers) prennent note de la décision du Président de la République de saisir le Conseil constitutionnel en vue du déclassement d'un alinéa de l'article 4 de la loi du 23 février 2005 (et non de l'article entier comme il est écrit un peu partout). Cette abrogation vraisemblable les incite à poursuivre leur action en vue de : <br /><br />1) Proposer, dans les jours qui viennent, des modifications dans la rédaction d'autres articles des lois du 13 juillet 1990, du 29 janvier 2001, du 21 mai 2001, du 23 février 2005 ; <br /><br />2) Organiser de manière concrète, notamment par la création de l'association « Liberté pour l'histoire », la défense des enseignants d'histoire qui pourraient être les victimes d'incriminations sur la base des dites lois ou qui le sont comme aujourd'hui Olivier Pétré-Grenouilleau, universitaire, auteur rigoureux des Traites négrières, assigné pour « révisionnisme », puis pour « diffamation raciale et apologie de crime contre l'humanité », au titre de la loi du 21 mai 2001 ; <br /><br />3) Rappeler que s'il appartient traditionnellement au Parlement et au Gouvernement de décider des commémorations, célébrations ou indemnisations, il n'est pas de la compétence du Parlement de voter des lois qui voudraient dire une quelconque vérité historique officielle, et d'établir de fait, à travers l'appareil judiciaire, un contrôle sur l'écriture, voire sur l'enseignement, à tous les niveaux, de l'histoire. <br /><br /><br /><br /><font size="2"> </font><br />Source Observatoire du communautarisme - <a href="http://www.liberonslhistoire.com/gestion/www.communautarisme.net"><u><font color="#0000ff" size="2">www.communautarisme.net</font></u></a><br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/La-connaissance-historique-est-une-exigence-democratique_a16.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le multiculturalisme des imbéciles, par Jérôme Rivière</title>
   <updated>2006-03-07T16:32:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Le-multiculturalisme-des-imbeciles,-par-Jerome-Riviere_a15.html</id>
   <category term="Tribunes" />
   <published>2006-03-07T16:28:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[

Sommée de renier son histoire, la France apparaît comme une nation en état de coma culturel dépassé. Notre climat intellectuel, rongé par la culture de l’excuse, est paralysé par les tabous politiques. Cette lâcheté ordinaire atteint aujourd’hui ses limites. L’immigration que nous connaissons est-elle réellement une chance pour la France, ou seulement une colonisation à l’envers ? Il est temps de se poser sérieusement la question. Sommée par ses minorités de faire repentance et de renier son histoire, la France apparaît comme une nation en état de coma culturel dépassé. Certaines périodes de notre passé ne peuvent plus être évoquées sans que se dressent les revendications agressives, les complexes historiques revanchards et les réflexes victimaires parfois concurrents, sauf sur un point : la détestation de la France et de son identité. Le sens du ridicule ne gêne pas ces iconoclastes haineux, qui s’acharnent à judiciariser la mémoire pour demander des comptes à nos ancêtres. Après des Croisades prétendument "génocidaires" et une oeuvre coloniale forcément négative, il faudrait aujourd’hui que les Français jettent Napoléon aux poubelles de l’histoire.      <div>
      <br />A la voirie, nos épopées nationales "ringardes", nos siècles chrétiens "obscurantistes", les soldats de l'Empereur "esclavagiste", les médecins au service du continent africain, les bâtisseurs de l'Empire. A la poubelle la France, cette "garce" dénoncée dans les textes de rap de nos banlieues. Les lueurs des incendies de novembre, les écoles et les églises incendiées, les pompiers caillassés, les bibliothèques brûlées, le racisme anti-Blanc ordinaire préfigurent un conflit culturel qui n'épargnera rien. <br />&nbsp;<br />Au lieu de défendre notre identité que l'on suicide, on préfère diaboliser les élus qui s'inquiètent de l'avenir. Comme si la continuité française et l'avenir de nos enfants ne nous intéressaient plus. Par lâcheté ou par indifférence, selon la tranquillité toute provisoire de sa ville ou de son arrondissement, on chante les vertus d'un multiculturalisme mal défini. Lui-même d'origine africaine, l'archevêque de la ville d'York, en Angleterre, l'affirmait pourtant récemment : "Le multiculturalisme autorise les autres cultures à s'exprimer, mais il empêche la culture de la majorité d'exprimer ses victoires, ses combats, ses joies, ses souffrances." Toutes les nations sont déterminées par une culture structurante, qui participe de la beauté et de la diversité du monde et sur laquelle les peuples conjuguent, à chaque génération, les fondements de leur identité. Nous vivons en France, pays héritier d'une histoire et d'une civilisation plus que millénaires, dont les joyaux de notre patrimoine, de notre langue, de nos coutumes nous rappellent sans cesse les merveilles renouvelées. Je soutiens que le multiculturalisme ne peut être qu'un état instable de transition entre deux cultures concurrentes. <br />&nbsp;<br />A l'heure de la mondialisation, les cultures, les racines, les appartenances sereines et fortes sont les meilleurs remparts contre le racisme. Un pays sûr de son identité peut s'ouvrir aux autres sans peur. Pourquoi l'Amérique intègre-t-elle ses immigrés ? Parce que son identité et ses valeurs, appuyées sur une histoire pourtant récente, restent fortes et respectées. Ce n'est pas le cas de la France, dans laquelle trente ans de repentance et de masochisme soixante-huitard ont étouffé toute fierté, toute conviction sereine d'être soi-même. J'ajoute une chose : même si cela était, il existe un seuil d'immigration à partir duquel un pays se regarde dans le miroir sans se reconnaître. Faut-il balayer la définition de l'identité française d'après de Gaulle : "Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne"? C'est Giscard d'Estaing qui parlait "d'invasion", Mitterrand de "seuil de tolérance", Rocard de l'impossibilité d'accueillir "toute la misère du monde". Paroles de bon sens, vite noyées dans le flot des aveuglements laxistes. Les Français, qui ne furent jamais consultés sur l'immigration de peuplement, subissent ces changements avec surprise et sans adhésion. Leur colère éclatera un jour ou l'autre. <br />&nbsp;<br />La France est, depuis plus de mille ans, un pays d'héritage judéo-chrétien. A titre personnel je ne veux pas qu'elle devienne une "terre d'Islam". Nos 100 000 demandeurs d'asile par an (chiffre 2003), qui pour la plupart s'évaporent dans la nature, et les 130 000 arrivées régulières formées pour l'essentiel du regroupement familial ou de leur lien de famille avec des Français (l'étranger naturalisé qui va chercher son épouse dans son pays d'origine), sans parler des clandestins, viennent profondément modifier la nature de notre société. Mais les effets directs de l'islam sur la société restent inexplicablement tabous. A rebours des endormeurs médiatiques, je suis néanmoins persuadé que cette situation préoccupe gravement nos concitoyens. Leurs craintes concernent la place de l'islam à l'école, dans les administrations, mais aussi sa conquête de la rue et de la vie de tous les jours. La plupart des décideurs y font référence à la marge, sans aucune mise en perspective. Comme si l'islam, projet politico-théologique "totalisant", était un sujet neutre. <br />&nbsp;<br />Comme si la vague migratoire extraeuropéenne, associée à la présence grandissante des musulmans en France, ne remettait pas brutalement en question le destin même et l'identité pluriséculaire de ce pays. Quant aux solutions proposées, elles ne résolvent rien. On parle d'immigration "choisie", sans voir que nous priverions ainsi ces pays de leurs élites, les maintenant dans une situation où l'émigration est une nécessité : hypocrisie. La mode de la pensée unique est à la discrimination positive, à la représentation exigée des minorités dans l'entreprise, les médias... alors même qu'il reste interdit en France de demander à l'occasion des recensements l'origine ethnique ou la religion des personnes interrogées : hypocrisie encore. La polygamie est interdite en France, mais largement pratiquée, et payée par nos impôts : hypocrisie toujours. <br />&nbsp;<br />Notre société change, et c'est bien ainsi. Qu'elle s'enrichisse des apports de ceux qui souhaitent vivre chez nous et que nous acceptons librement ! Mais il ne faut pas oublier que vivre avec nous, c'est aussi vivre comme nous. Le premier devoir des immigrés est de respecter la culture du pays qui les accueille. Et ce n'est pas négociable. Nos "minoritaires ethniques" nous le rappellent : nous sommes, nous restons des "Gaulois". Aussi, il doit être possible d'affirmer qu'exercer librement sa religion dans des lieux de prière ne signifie pas pouvoir construire de nouveaux minarets, étendards d'un islam conquérant et d'une charia contraire aux lois de la République. Le débat sur ce sujet doit s'engager sereinement mais publiquement, dans le respect mais sans hypocrisie. Que les censeurs francophobes hurlent donc, qu'ils éructent, qu'ils fulminent leurs fatwas : les Français ne les écoutent plus. Ils l'ont montré le 21 avril. Continuons à nous excuser d'être nous-mêmes, et ils nous le montreront à nouveau. <br /><br /><br /><strong>Jérôme RIVIERE</strong><br /><strong>Député des Alpes Maritimes</strong><br /><strong></strong><br /><strong></strong><br /><em>(PUBLICATION ORIGINALE : LE FIGARO 30 DECEMBRE 2005)</em><br /><br /><br /><br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Le-multiculturalisme-des-imbeciles,-par-Jerome-Riviere_a15.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Quand l'Histoire devient otage</title>
   <updated>2006-02-21T11:09:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Quand-l-Histoire-devient-otage_a12.html</id>
   <category term="Articles" />
   <published>2006-02-21T10:52:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le débat autour de l’article 6 de la loi du 23 février 2005 est l’un des révélateurs de la crise profonde d’identité que la France traverse. Il faut considérer pour s’en convaincre l’objet de la polémique, l’histoire coloniale, et le terrain sur lequel elle se porte, l’Ecole.
Derrière la controverse se profile une inquiétante balkanisation de l’histoire devenue terrain d’affrontement de mémoires minoritaires, manipulées à des fins politiciennes. Sont ainsi mises en cause non seulement la connaissance historique du phénomène colonial, mais aussi la possibilité d’enseigner aux futurs citoyens français une histoire rationnelle et apaisée.     <div>
      <div style="BORDER-BOTTOM: #f0f0f0 1px solid"></div><div class="textearticle"><h3 class="monstyle">Conflits de mémoires et enjeux politiciens<br /></h3><p class="spip"><br /><br /><p class="spip">Pour les partisans comme pour les opposants à la mention du <i class="spip">«&nbsp;rôle positif&nbsp;»</i> de la colonisation, l'occasion était trop belle de souffler sur de vieilles braises et d'investir le champ de l'histoire scolaire en vue de s'attirer les faveurs d'une partie de l'électorat.<br />L'introduction de l'amendement à l'origine de l'article 6 montre que certains responsables politiques de droite ont voulu contenter une fraction de leur électorat et en particulier les pieds-noirs, oubliés de l'Histoire, aujourd'hui soucieux de faire pencher la balance de leur côté&nbsp;[<a class="spip_note" title="[1] L'article indique notamment : « Les programmes scolaires (...)" href="http://www.revue-republicaine.org/article.php3?id_article=0987#nb1" name="nh1">1</a>]. Cette posture aussi maladroite que réactionnaire fait écho aux inaugurations de stèles en mémoire des combattants de l'Algérie française et ne traduit rien de plus qu'une effarante porosité des élus au <i class="spip">lobbying</i> de quelques associations de rapatriés.<br />Symétriquement, comment ne pas mettre en relation le soudain réveil des députés socialistes et communistes avec les émeutes urbaines des dernières semaines&nbsp;? Un comble pour ceux qui prétendaient expliquer - allant même jusqu'à donner l'impression d'excuser - l'explosion de certains quartiers de nos villes par l'unique question sociale. Placée devant ses incohérences et ses échecs, la gauche bien pensante retrouve ses vieux réflexes&nbsp;: n'ayant pu répondre au 21-Avril que par un antifascisme de circonstance, elle réplique aujourd'hui aux émeutes urbaines par un anticolonialisme de façade. Elle abonde - involontairement&nbsp;? - dans le sens des «&nbsp;Indigènes de la République&nbsp;» pour qui la France d'aujourd'hui serait coupable d'avoir reproduit le schéma colonialiste de la France d'hier. Derrière le discours se profile l'espoir de renouer avec la glorieuse époque où la lutte contre le racisme servait de cache-sexe à un parti socialiste en mal de projet.<br /><br /><br /><h3 class="monstyle"></h3><h3 class="monstyle">Le mépris de l'histoire</h3><p class="spip"><br /><p class="spip">L'instrumentalisation des mémoires à laquelle nous assistons entre en conflit avec l'exigence d'histoire. Les historiens spécialistes de la colonisation sont fondés à refuser les injonctions partisanes ou les appels à une lecture manichéenne. Le fait de considérer un phénomène ou des événements sous un angle «&nbsp;positif&nbsp;» ou «&nbsp;négatif&nbsp;» est étranger à la méthode historique, qui doit rendre compte de la complexité du réel. L'étude de la colonisation, qui implique de se pencher sur une période douloureuse parce que proche, doit être menée avec un maximum de recul et un réel souci d'objectivité.<br />Pour autant, il ne faut pas non plus sombrer dans l'illusion d'une discipline imperméable aux débats politiques et sociaux. Si une «&nbsp;vérité historique&nbsp;» commune peut et doit émerger, la marge d'interprétation qui subsiste inévitablement est suffisante pour que des tendances divergentes continuent à s'exprimer, en fonction des partis pris idéologiques, des querelles de méthodes, mais aussi de la distance temporelle avec la période étudiée. Il est intéressant de noter que si l'intervention du pouvoir politique dans l'histoire de la colonisation suscite aujourd'hui une levée de boucliers, la loi Taubira concernant l'histoire de l'esclavage votée en 2001 (dont la formulation est certes moins tendancieuse) n'a provoqué aucun remous&nbsp;[<a class="spip_note" title="[2] Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et (...)" href="http://www.revue-republicaine.org/article.php3?id_article=0987#nb2" name="nh2">2</a>].<br /><br /><h3 class="monstyle"></h3><h3 class="monstyle">La spécificité de l'histoire à l'Ecole</h3><p class="spip"><br /><p class="spip">Reste que les termes du débat sont sensiblement différents si on les rapporte à l'histoire universitaire ou à l'enseignement de la discipline à l'école de la République. La recherche universitaire nourrit l'enseignement primaire et secondaire, mais les deux sphères ne sont pas régies par les mêmes impératifs. L'Université est le lieu de l'approfondissement permanent du savoir et du recul critique, tandis que l'Ecole est soumise à un double objectif&nbsp;: rendre <i class="spip">«&nbsp;la raison populaire&nbsp;»</i> comme l'affirmait Condorcet, mais aussi former des citoyens.<br />L'histoire scolaire n'a donc pas pour unique souci de développer le savoir et l'esprit critique des élèves&nbsp;; elle doit leur inculquer - sans violer leurs consciences - un sentiment d'unité et d'appartenance. «&nbsp;Fabriquer&nbsp;» la Nation tout en forgeant des esprits libres est un projet éminemment politique dont la République ne peut faire l'économie si elle ne veut pas voir se développer les réflexes tribaux et les replis communautaristes qui la divisent. L'enseignement de la colonisation peut contribuer à cette ambition civique, à condition de ne tomber ni dans le culte nostalgique d'une page, heureusement, révolue de notre histoire, ni dans la repentance mémorielle et l'auto-dénigrement national.<br /><br /><br /><br /></div><!-- Auteurs de l&#39;article --><p class="par" align="right">Jean-Sébastien URFELS<br /><br /><br /><p class="par" align="right">Valeurs et Actions républicaines<br /><br /><br /><p class="par" align="right">[<a class="spip_note" href="http://www.revue-republicaine.org/article.php3?id_article=0987#nh1" name="nb1">1</a>] L'article indique notamment&nbsp;: <i class="spip">«&nbsp;Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit&nbsp;»</i>.<br /><p class="par" align="right"><br /><p class="par" align="right">[<a class="spip_note" href="http://www.revue-republicaine.org/article.php3?id_article=0987#nh2" name="nb2">2</a>] Loi n°2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité.<br /><br /><br /><br /><p class="spip_note"><u>Publication originale le samedi 3 décembre 2005</u><br /><br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Quand-l-Histoire-devient-otage_a12.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Colonisation : la tentation de la pénitence, par Max Gallo</title>
   <updated>2006-02-21T10:44:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Colonisation-la-tentation-de-la-penitence,-par-Max-Gallo_a11.html</id>
   <category term="Tribunes" />
   <published>2006-02-21T10:38:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'histoire de la colonisation française est un enjeu capital. Ce qui est en cause, c'est en fait l'histoire nationale et son devenir. Albert Camus, écrivait déjà en avril 1958 : « Certains Français considérèrent que, par ses entreprises coloniales, la France — et elle seule, au milieu des nations saintes et pures — est en état de péché historique. » Si c'est le cas, alors qu'elle se repente ! qu'on la fustige ! qu'on l'insulte ! qu'on la haïsse ! Et c'est à travers ce prisme le péché historique de la colonisation — ou de l'esclavage — qu'on va juger la France d'aujourd'hui. C'est ce qu'affirment explicitement ceux qui se sont regroupés dans une association qui s'intitule « Les indigènes de la République ». Le procès fait à la colonisation n'est qu'un levier pour discriminer en fonction des origines ethniques et constituer des communautés hostiles à la République en fonction d'un passé colonial qui expliquerait les inégalités existantes entre les citoyens français.     <div>
      <p class="chapo"><br />Dans ce contexte, tout débat sur le bilan de la colonisation devient difficile. Et l'article 4 de la loi du 23 février 2005 invitant les enseignants à faire connaître les aspects positifs de la colonisation n'a pu que susciter des protestations. L'article est mal venu, non pas seulement à cause du contexte, mais du fond. Pour l'historien, il n'est pas admissible que la représentation nationale dicte <i class="spip">«&nbsp;l'histoire correcte, celle qui doit être enseignée&nbsp;»</i>. Trop de lois déjà - bien intentionnées - ont caractérisé tel ou tel événement historique. Et ce sont les tribunaux qui tranchent. Le juge est ainsi conduit à dire l'histoire en fonction de la loi. Mais l'historien, lui, a pour mission de dire l'histoire en fonction des faits.<br /><br /><div class="textearticle"><p class="spip">Et il est vrai que l'histoire de la colonisation a souvent été magnifiée, édulcorée. Mais en même temps l'école historique et géographique française, sur le terrain, constituait une histoire et une géographie coloniales, au-dessus de tout soupçon. La chaire d'histoire de la colonisation, en Sorbonne était, dans les années soixante, occupée par Charles-André Julien, historien de l'Afrique du Nord et par ailleurs socialiste, ami de Blum. Une incidente&nbsp;: les socialistes français, de 1905 aux années quarante, ont été souvent les apôtres de la colonisation, au nom de la mission civilisatrice de la République. Leur amnésie sur ce sujet - en ce centième anniversaire de leur parti - dit bien les ambiguïtés du moment face à une histoire coloniale qui a formé, entre les années 1880 et le milieu du XXe siècle, une part importante de l'imaginaire national, avec ses rêves, ses horizons lointains et envoûtants, ses héros et ses peuples mythifiés, tels les Touaregs.<br /><br /><p class="spip">Compte tenu de cette donnée capitale de l'histoire contemporaine de la France, on ne peut laisser traiter de la colonisation en termes simplistes&nbsp;; ce d'autant plus que, si les peuples colonisés gardent la blessure de la période coloniale, les Français de métropole - les pieds noirs notamment - ont eux aussi au coeur une plaie ouverte&nbsp;: des deuils, le sentiment d'une injustice. Et le discours sur la colonisation doit tenir compte de ces réalités historiques complexes. Les Algériens évoquent - en des termes inacceptables d'ailleurs - les massacres de Sétif, en 1945. Les Oranais se souviennent de leurs concitoyens «&nbsp;disparus&nbsp;» par centaines en 1962. Il ne s'agit pas d'établir une équivalence, une comptabilité sinistre, mais de saisir qu'il faut prendre en compte toutes les réalités. Le bagne de Poulo Condor en Indochine et l'institut Pasteur de Saigon... Le travail forcé imposé par le colon et l'interdiction de l'esclavage... La destruction de la culture indigène et l'école française - laïque ou missionnaire - s'ouvrant au monde... Le statut inférieur de l'indigène et la promotion des meilleurs, la constitution d'une élite (Senghor en est le modèle)... On ne pèse pas les uns et les autres, le positif et le négatif - manière absurde de comprendre l'histoire. On montre que les fils sont intriqués, tressés. Qu'il faut tout dire. Et que toute histoire univoque est une manipulation, une utilisation politicienne, lourde de dangers pour la communauté nationale d'aujourd'hui, de ce qui a été la réalité concrète et contradictoire de la colonisation, oppression et ouverture.<br /><br /><p class="spip">Cela dit, qui tente d'indiquer que la complexité est au coeur du sujet&nbsp;? Il faut rappeler que la colonisation a toujours été une entreprise de conquête militaire, suscitant donc des résistances et entraînant la répression, d'autant plus qu'elle s'exerçait contre des peuples souvent jugés inférieurs. Et toujours faibles. Car que vaut la sagaie face à la mitrailleuse&nbsp;? Le fusil à un coup contre le canon&nbsp;? La conquête a donc réussi, mais la résistance n'a jamais cessé, et aucune colonie n'a été totalement pacifiée. Le feu éteint là, il reprenait ailleurs&nbsp;: insurrection algérienne en 1870, guerre du Rif au Maroc dans les années vingt, attaque de garnisons en Indochine, dans les années trente et, partout, des crimes qui sont la revanche du faible et de l'humilié. Charles de Foucault a été assassiné par des Touaregs. Et l'une des premières victimes, en novembre 1954, de l'insurrection algérienne, a été un couple d'instituteurs de 20 ans, jeunes mariés - les Monnerot - allant prendre leur poste dans une école des Aurès. Comprendre, cela suppose ne rien cacher. Ni des villes construites ni des mechtas brûlées.<br /><br /><p class="spip">Toutefois, cette démarche historienne - qui est aussi une posture morale en même temps qu'une exigence intellectuelle - suppose qu'on ne commette pas ce péché contre la raison qu'est l'anachronisme. On a le droit et même le devoir de se placer au niveau des principes universels, et de décréter que la colonisation, parce qu'elle est conquête, est une entreprise criminelle. Mais c'est faire fi de la réalité historique. Oui, l'histoire de la colonisation est pleine de sang et de cruauté. Mais il n'y a pas de «&nbsp;nations saintes et pures&nbsp;». Et je ne sache pas que, leur indépendance acquise, les nouvelles nations, nées de la colonisation, aient connu une histoire paisible. Les plus de 100 000 morts de la guerre entre l'État algérien et les islamistes répondent. Et n'évoquons pas l'Afrique subsaharienne... L'histoire est violence. Et la seule manière de tenter de la maîtriser, c'est d'abord de l'écrire en respectant les faits, tous les faits.<br /><br /><p class="spip">Rappeler, par exemple, qu'en 1939, Albert Camus décrivit sans concession la famine dont souffrait la Kabylie, dans des reportages implacables parus dans Alger Républicain. Mais le même Camus, dix-neuf ans plus tard, écrivait&nbsp;: <i class="spip">«&nbsp;Il est vain de condamner plusieurs siècles d'expansion européenne, absurde de comprendre dans la même malédiction Christophe Colomb et Lyautey. Le temps des colonialismes est fini, il faut le savoir seulement et en assurer les conséquences.&nbsp;»</i><br /><br /><p class="spip">L'histoire du rapport des peuples qui se sont combattus et mêlés est une alchimie complexe. Elle peut être une source vivifiante ou au contraire un poison qui avive les tensions. Car l'histoire est toujours en prise avec l'avenir. À opposer comme des catégories d'aujourd'hui indigènes et anciens colonisateurs, on ranime les frustrations, les humiliations, et les haines. On traîne la France au banc des accusés. Comment aimerait-on cette cruelle&nbsp;? Il faut méditer Camus&nbsp;: <i class="spip">«&nbsp;Il est bon qu'une nation soit assez forte de tradition et d'honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs. Mais elle ne doit pas oublier les raisons qu'elle peut avoir encore de s'estimer elle-même. Il est dangereux en tout cas de lui demander de s'avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle.&nbsp;»</i><br /><br /><p class="spip"><em></em><br /><br /><p class="spip"><em></em><br /><br /><p class="spip">Publication originale le mercredi 30 novembre 2005<br /><br /></div><p class="par" align="right"><br /><br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Colonisation-la-tentation-de-la-penitence,-par-Max-Gallo_a11.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Bref inventaire de quelques mensonges ressassés au sujet de la loi du 23 février 2005</title>
   <updated>2006-02-21T10:52:00+01:00</updated>
   <id>http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Bref-inventaire-de-quelques-mensonges-ressasses-au-sujet-de-la-loi-du-23-fevrier-2005_a10.html</id>
   <category term="Tribunes" />
   <published>2006-02-18T11:53:00+01:00</published>
   <author><name>PATRICK LOUIS</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div>
      Le 23 février 2005, les députés ont voté une loi «&nbsp;portant reconnaissance de la Nation (&#8230;) en faveur des Français rapatriés&nbsp;». Ainsi, dans l'article 1, il est stipulé que «&nbsp;la Nation exprime sa reconnaissance aux femmes et aux hommes qui ont participé à l'&#339;uvre accomplie par la France dans les anciens départements français d'Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine ainsi que dans les territoires placés antérieurement sous la souveraineté française&nbsp;». <br /><br />C'est donc une loi qui porte sur la mémoire que les Français doivent conserver d'événements récents et sur la reconnaissance que la France entend exprimer envers trois ou quatre générations de Français pour l'&#339;uvre qu'ils ont accomplie outre-mer. L'article 5 protège les harkis et les supplétifs contre les insultes, injures, éructations de haine dont ils sont agonis depuis plus de quarante ans. Ainsi «&nbsp;sont interdites toute injure ou diffamation commise envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur qualité vraie ou supposée de harki, d'ancien membre des formations supplétives ou assimilés et toute apologie des crimes commis contre les harkis et les membres des formations supplétives après les accords d'Evian&nbsp;». <br />Puisque la Nation exprime sa reconnaissance aux rapatriés et aux harkis, il est naturel que l'école et les institutions d'enseignement soient mises à contribution et participent elles aussi à la reconnaissance voulue par le législateur. C'est d'autant plus urgent que la quasi totalité des manuels scolaires prennent le parti opposé et, au lieu d'enseigner une histoire équilibrée, ils invectivent ceux «&nbsp;qui ont participé à l'&#339;uvre accomplie&nbsp;». Voici ce que raconte un livre d'histoire de classe de 4e&nbsp;: «&nbsp; La politique impérialiste menée par les États européens à la fin du XIXe siècle parvient à briser les résistances des populations indigènes. Même si différents types de colonies sont mis en place, l'exploitation de leurs richesses par la métropole est systématique. Cette volonté de dominer une partie du monde toujours plus grande entraîne des affrontements entre Européens ». Cette prose extrémiste, radicale, mensongère, nécessite au minimum un retour à la mesure. C'est ce que propose la loi du 23 février 2005. Dans ce contexte, l'article 4 est cohérent et justifié. Le voici : «&nbsp;Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite. Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit. La coopération permettant la mise en relation des sources orales et écrites disponibles en France et à l'étranger est encouragée&nbsp;». <br /><br />La loi est mesurée, juste, équilibrée. D'ailleurs, le vote n'a soulevé aucune difficulté. Or, depuis plusieurs mois, les media et des organes politiques s'acharnent sur cette loi, la caricaturant, la déformant, multipliant les mensonges les plus odieux. <br />Le premier mensonge consiste à déformer le texte même de la loi. L'article 4 porte «&nbsp;le rôle positif de la présence française outre-mer&nbsp;». Historiquement, et personne ne peut le contester, pendant plus d'un siècle, des Français ont construit des écoles, des hôpitaux, des routes, des voies ferrées, des réseaux de téléphone et d'électricité, etc. là où il n'y avait rien. Pourtant, le journal Le Monde, dans un éditorial de janvier, écrit&nbsp;: «&nbsp;La loi très controversée du 23 février 2005 faisant obligation aux programmes scolaires de reconnaître le rôle positif de la présence française outre-mer - en clair de la colonisation - fait l'objet de critiques croissantes&nbsp;». Le mensonge est dans «&nbsp;en clair&nbsp;»&nbsp;: les mots «&nbsp;présence française&nbsp;» sont traduits par «&nbsp;colonisation&nbsp;». Cette trahison fausse ce qui écrit. Elle n'éclaire pas, elle obscurcit. Il existe autant de différences entre «&nbsp;présence française&nbsp;» et «&nbsp;colonisation&nbsp;» qu'entre «&nbsp;démocratie&nbsp;» et «&nbsp;socialisme national&nbsp;» (hitlérien). Que la France ait constitué un empire entre 1830 et 1962 est un fait. Que cet empire ait été colonial, comme l'ont été l'Empire russe et l'URSS ou comme l'est la Chine (au Tibet ou ailleurs), cela est moins sûr. Pour qu'il y ait colonisation, il faut des colons, c'est-à-dire des fractions d'une population (française, russe, chinoise, etc.) transportées dans un pays, où elles s'installent, font souche, mettent en valeur des terres qu'elles se sont appropriées, ou des friches. Le nombre exact de Français qui se sont installés en Afrique entre 1830 et 1962&nbsp;n'a pas dû dépasser un million ou un million et demi de personnes&nbsp;: quatre fois moins que de musulmans établis en France depuis trente ans, dix fois moins que de Chinois établis au Turkestan chinois (pays des Ouïgours) ou au seul Tibet. Le seul pays où il semble que le transport de populations françaises ou européennes se soit apparenté à une colonisation a été l'Algérie, mais sans que jamais les autochtones aient été submergés par des vagues de migrants. L'Algérie était la France. Personne ne s'indigne des transports massifs de Chinois au Tibet ou au Xin Kiang&nbsp;: pourtant, là ils submergent les populations autochtones. Il y a eu, outre-mer une «&nbsp;présence française&nbsp;»&nbsp;: des hommes, femmes, enfants, vieillards, qui ont vécu dans ces pays, les ont mis en valeur, etc. Rendre hommage à ces Français n'a rien de criminel. S'ils avaient été arabes ou musulmans ou noirs, «&nbsp;Le Monde&nbsp;» chanterait leurs louanges. C'est parce qu'ils sont Français qu'ils sont couverts de mépris. Ce journal croit qu'il est le quotidien de l'élite. Pour «&nbsp;Le Monde&nbsp;», l'élite, ce sont des crânes vides que l'on bourre aux mensonges. <br /><br />L'autre mensonge consiste à laisser croire que l'histoire enseignée dans les collèges, les lycées, les universités est impartiale, neutre, objective. Il suffit de consulter les manuels scolaires pour constater qu'ils répètent, à propos de la présence française outre-mer, les mêmes délires à sens unique que ceux qu'ils diffusaient naguère sur l'URSS et ses satellites : chez ces derniers, tout était beau, blanc, pur, bien, alors qu'en France, à l'Ouest ou en Occident, tout était noir, sale, bête. Ces exposés doctrinaux sont dangereux pour l'histoire en tant que discipline, parce qu'ils nient les faits, et pour les élèves, à qui est asséné un mode de pensée qui se réduit à des vitupérations haineuses. On en constate les effets désastreux dans la vie publique, laquelle se résume de plus en plus souvent à une surenchère accusatoire, comme si l'école ne formait plus que des procureurs dont la seule raison d'être était d'inculper la France. La loi du 23 février 2005 s'adresse aux professeurs qui sont des fonctionnaires et qui méconnaissent ce qu'est l'instruction publique. Celle-ci, outre le souci de vérité qui l'anime (sinon la vérité, du moins une présentation non diabolique des faits) est publique : elle se fait au vu et au su de tout le monde, par des maîtres compétents et impartiaux (ce que ne sont pas les auteurs des manuels d'histoire), et sous le contrôle de la puissance publique (les élus du peuple). Nous sommes en démocratie, pas en URSS ou en Arabie&nbsp;: l'instruction publique a pour but aussi la diffusion de la démocratie, l'une et l'autre se nourrissant de faits établis et dégénérant sous l'effet de ressentiments haineux. Rien n'autorise les idéologues léninistes, même certifiés en histoire, de se croire seuls autorisés à dire la vérité et de refuser à des élus le droit de juger d'un programme d'instruction publique. <br /><br />Le troisième mensonge &#8211; et celui-ci dépasse les bornes - consiste à interdire aux Français de se prononcer sur leur propre histoire. C'est ce qu'assène Sabeg, richissime homme d'affaires d'origine algérienne, dans «&nbsp;Le Figaro&nbsp;» du samedi 4 février 2006. Citons-le&nbsp;: «&nbsp;Imposée par la force, achevée dans la douleur, la présence française en Afrique du Nord n'était pas désirée, et n'avait pas lieu d'être. Elle ne peut pas faire l'objet d'une pesée en terme d'aspects «&nbsp;positifs&nbsp;» ou «&nbsp;négatifs&nbsp;». C'est une curieuse habitude que d'estimer les bienfaits d'une situation déjà en elle-même illégitime&nbsp;». Remplaçons dans ce paragraphe l'adjectif «&nbsp;française&nbsp;» par «&nbsp;algérienne&nbsp;» ou par «&nbsp;islamique&nbsp;», le complément de lieu «&nbsp;en Afrique du Nord&nbsp;» par «&nbsp;en France&nbsp;», et les imparfaits «&nbsp;était&nbsp;» ou «&nbsp;avait&nbsp;» par les présents «&nbsp;est&nbsp;» ou «&nbsp;a&nbsp;». Voici ce que ça donne&nbsp;: «&nbsp;Imposée par la force, achevée dans la douleur, la présence algérienne ou islamique en France n'est pas désirée, et n'a pas lieu d'être. Elle ne peut pas faire l'objet d'une pesée en terme d'aspects «&nbsp;positifs&nbsp;» ou «&nbsp;négatifs&nbsp;». C'est une curieuse habitude que d'estimer les bienfaits d'une situation déjà en elle-même illégitime&nbsp;». C'est du racisme pur jus. Sabeg jouit pourtant des bienfaits de la France, où il n'hésite pas à vivre, ne serait-ce que pour se mettre chaque année quelques milliards dans les poches. <br /><br />Ces trois types de mensonges prouvent, s'il en était besoin, que ceux qui critiquent cette loi, «&nbsp;Le Monde&nbsp;», Sabeg, les profs léninistes ou tiers-mondistes, n'ont que faire de l'histoire, que, pourtant, certains d'entre eux enseignent, et encore moins de la France, qu'ils maltraitent comme si elle était une fille publique, et que leur seule ambition est de conserver le pouvoir indu de contrôle et de falsification qu'ils ont sur les jeunes esprits et sur les symboles de la France. <br /><br /><br />Jean-Gérard Lapacherie<br /><br /><br /><br /><br />
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.wmaker.net/liberonslhistoire/Bref-inventaire-de-quelques-mensonges-ressasses-au-sujet-de-la-loi-du-23-fevrier-2005_a10.html" />
  </entry>
</feed>
